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LA FRANC-MACONNERIE EN GENERAL
La Franc-Maçonnerie
" La Franc-Maçonnerie est un ordre initiatique qui se consacre au perfectionnement moral et spirituel de ses membres, à la pratique de l’amour fraternel et à la recherche d’une amélioration de l’homme. "
Matériellement, la F.M. est un ordre universel, qui compte des milliers de membres répartis à la surface de la terre, sans distinction de race, de nationalité ou de confession.
Historiquement, c’est un ordre au sein duquel, à travers les siècles, se sont épanouies d’innombrables générations d’hommes aspirant à leur perfectionnement, parmi lesquels figurent bon nombre de philosophes, de savants, d’hommes d’Etat, de syndicalistes, d’artistes, etc… dont le souvenir est aujourd’hui respecté de tous. Dans son sein également sont nées et voient le jour les plus remarquables des grandes idées généreuses qui éclairent l’humanité.

L’origine et l’histoire de la Franc-Maçonnerie

Il est établi que la F.M., ordre initiatique et philosophique, dérive dans sa forme, des confréries de bâtisseurs, à qui elle a d’ailleurs emprunté ses coutumes, son langage, et dont elle a retenu les règles. Mais, il faut également concevoir qu’une grande part de son enseignement reflète des acquis, au reste multiples, bien antérieurs au Compagnonnage.
Il est donc indispensable pour qui veut comprendre la F.M. moderne, de se reporter non seulement à l’histoire des bâtisseurs , mais aussi à la tradition des sociétés initiatiques.
I. L’origine moderne de la Franc-Maçonnerie
L’acte fondateur de la maçonnerie moderne reconnu par toutes les puissances maçonniques actuelles est constitué par la fusion de quatre Loges de maçons " acceptés " qui se sont réunies à LONDRES le 24 Juin 1717, fête de la Saint-Jean d’été pour constituer la Grande Loge d’Angleterre.
C’est à cette période que remontent les premiers documents tenus pour certains par les historiens modernes, sur la Franc-Maçonnerie dite " spéculative " dans la forme où nous la connaissons aujourd’hui. Nous citerons plus spécialement l’acte de constitution dressé par le Pasteur James ANDERSON en 1723.

Cependant, de multiples sources historiques sérieuses témoignent qu’il existait, antérieurement à cette date, en Angleterre comme en Europe Continentale, des Loges de Maçons " opératifs " qui exerçaient réellement l’art de la construction. Celles-ci recevaient dans leurs travaux des maçons acceptés (c’est-à-dire initiés aux " secrets " bien que n’exerçant aucune activité de constructeur) appelés Maçons " spéculatifs " parce qu’ils participaient effectivement aux travaux initiatiques des Loges.
Les documents antérieurs à 1717 sont rares et la filiation chronologique peu précise. Il ne fait cependant pas de doute que la Tradition des Loges Maçonniques remonte historiquement à la souche des bâtisseurs du Moyen-Age, du moins pour ce que l’on pourrait appeler l’activité perceptible des Francs-Maçons.
Pour les temps antérieurs au Moyen-Age, de la rareté voire de l’absence de documents, on ne peut inférer que la Franc-Maçonnerie n’existait pas à cette époque. Les civilisations pré-médievales étant essentiellement orales comme la Tradition elle-même ( du latin Tradere : transmettre). Elles ne pensaient pas sans doute devoir laisser des traces écrites à l’intention des sceptiques ou des profanes. Force nous est pourtant de constater que les Anciens (du moins une élite qui œuvrait loin du pouvoir politique) détenaient un savoir non livresque mais d’une science et d’une technicité indéniables…
II L’origine ancienne de la Franc-Maçonnerie

Il importe de bien comprendre qu’au delà de la tradition des constructeurs, (dont les origines historiques sont mal établies avant le Moyen-Age), les Maçons tiennent pour essentiel de placer leur ordre dans le prolongement de la Tradition plusieurs fois millénaires des sociétés initiatiques.
A ce titre, l’origine profonde, secrète, de la Franc-Maçonnerie se perd dans la nuit des temps.

L’aspiration de l’homme vers la compréhension de ses origines et son besoin corollaire d’ordonner sa vie, lui ont inspiré l’idée de se grouper pour former une élite. Les manifestations de cette aspiration spiritualiste se confondent avec les premières manifestations du culte rendu aux morts et à la famille dès les époques préhistoriques. En effet, depuis les âges les plus reculés, les symboles initiatiques ont servi de thèmes communs aux méditations individuelles des élites qui se penchaient sur le devenir de l’homme, ses progrès et la recherche de structures morales.
Pour se conformer à l’insatiable besoin de logique de la pensée moderne, les Francs-Maçons ont coutume de se référer aux courants de pensée les plus brillants de l’époque historique : celui qui a produit l’Egypte des Pharaons et celui qui a donné naissance à la pensée biblique. Ces deux courants supposent qu’il existait une vie spirituelle avec des ordres cohérents 3.000 ans avant J.C. : de l’époque pharaonique jusqu’au 18ème siècle, l’existence de Sociétés secrètes d’inspiration spiritualiste n’est pas contestable.

La filiation la plus vraisemblable dans les Temps anciens semble être liée à la création de certaines corporations d’ouvriers. Ces artisans bâtisseurs formaient des sectes dont les membres avaient subi une Initiation et se reconnaissaient au cours de leurs pérégrinations à travers le monde, au moyen de mots, signes et attouchements secrets. Hiram Abif, Architecte du Temple de Salomon utilisait déjà ces artisans 10 siècles avant J.C.
Les corporations du Moyen-Age sont-elles directement issues de ces antiques Traditions ? C’est probable, bien qu’il ne soit pas possible de l’affirmer avec les certitudes palpables que réclame la science matérialiste. Il convient cependant de noter qu’en tout temps, il y eut un lien étroit et profond entre Bâtisseurs et détenteurs de " La Science " ( et non des sciences au sens où nous l’envisageons aujourd’hui).
III Un besoin de s’organiser en associations très structurées
Vous voici en possession de l’une des " clefs " fondamentales de l’ordre maçonnique : Son rattachement à la Tradition Initiatique dont l’origine remonte aux temps les plus reculés.
Venons-en maintenant aux manifestations de cette Tradition dans le cadre des associations de bâtisseurs.
Il apparaît qu’à l’époque de la construction des cathédrales, les maîtres-architectes qui travaillaient pour le clergé, créèrent un ordre ayant double destination : la construction du chef-d’œuvre artistique et la mise en place d’une discipline mentale spiritualiste.
L’existence de cet ordre s’explique aisément :
La division du travail et sa coordination exigent un état d’esprit commun, d’où la nécessité de groupes très structurés. La structuration de ces groupes d’artisans-bâtisseurs était primordiale afin d’effectuer les travaux dans l’esprit de l’héritage symbolique ancestral. Ils ne pouvaient se contenter de former des groupes éphémères et de disparaître ensuite sans laisser de traces, ni de conserver de leur collaboration momentanée autre chose que le souvenir des franchises dont ils avaient bénéficié au cours de leur travail. Il fallait aussi, au nom de la transmission initiatique, que " toutes équerres, tous niveaux et toutes perpendiculaires " soient reconnus comme signes authentiques et appropriés.
Les associations poursuivaient donc pour quadruple objet :
1. Matériellement, assurer l’entraide des itinérants et les déplacements sur les chantiers ;
2. Ecarter les mauvais ouvriers ;
3. Transmettre les connaissances professionnelles à ceux qui étaient aptes à les comprendre et à leur donner vie ;
4. Assurer la formation d’êtres accomplis sur les trois plans : moral , professionnel et spirituel.
IV Ces associations reposaient sur la connaissance d’un certain nombre de secrets

La transmission orale de secrets est une notion fondamentale aussi bien dans les traditions initiatiques que dans les associations de constructeurs.
Chez ces derniers, les secrets transmis étaient à la fois de nature matérielle (secrets du métier, protection des structures de l’organisation) et de nature spirituelle et initiatique.
Mais cette dualité de nature (matérielle-spirituelle) n’est qu’apparente : Il convient en effet de se souvenir que, dans les temps anciens (avant que ne s’imposaient la pensée et les méthodes scientifiques modernes), l’ensemble des sciences (des connaissances) s’appuyait directement sur les conceptions philosophiques de l’univers. La " connaissance " philosophique et religieuse du cosmos et la science des choses concrètes constituaient les deux aspects complémentaires d’un seul et même savoir.